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Palmyre , Syrie


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Une population relicte d’Ibis Chauves a été découverte d’une manière inattendue dans la région centre du désert syrien en 2002 par le biais de la persévérance scientifique tout en  ayant accordée l’importance aux connaissances traditionnelles des communautés locales. Durant 7 saisons de reproductions successives  (2002-2009) ,3 puis 1 couples nicheurs d’Ibis Chauves  se sont reproduits mettant en évidence que la protection intensive du site pouvait permettre un grand succès du taux de reproduction moyen comme le montrent les récents records observés au Maroc et en Turquie.

Un programme d’action spécifique annuel a été mis en branle par le biais du Ministère Syrien de l’Agriculture en début d’année 2002 avec l’assistance technique de BirdLife International, de l’UICN et de la FAO, de ce fait une aire protégée pour l’Ibis chauve a été mise en place en 2004.

Les prérogatives de l’aire protégée de l’Ibis Chauve viennent de passer  sous l’égide de la Commission Générale du Développement du Milieu Rural, récemment crée et  dirigée par l’Ingénieur Ali Hamoud qui a entamé le programme  d’appui pour la conservation de l’Ibis Chauve de manière très enthousiaste. Le programme a également eu du succès auprès de S E la Première Dame de Syrie au début de l’année 2006.

Succès de reproduction

Durant les périodes de reproductions de 2002-2008 au total 24 poussins ont réussi leur envol et ont quitté l’aire de nidification, cependant  la reproduction a  échoué pendant les saisons 2005 et 2008.Entre 2004 et 2007 uniquement 5 Ibis immatures sont revenus vers leurs colonies d’origine séparément des adultes qui sont arrivés plus tard. Par conséquent 2 événements de recrutements ont pris place en (2006 et 2007) compensant partiellement l’effectif décroissant du nombre des adultes.

Ces derniers arrivent séparément sur l’aire de nidification durant la dernière quinzaine de Février mais l’ensemble de la colonie quitte le site vers la mi Juillet. Les Ibis se repartissent sur des aires de gagnages composées de prairies surpâturées ayant une altitude variant de 400 à 900 m, se nourrissant essentiellement de  scarabées Tenebrionidae et autres invertébrés dénichés en surface  et forant avec leurs becs pour capturer les larves vivantes sous le sol ainsi que des larves d’amphibiens trouvés prés des réservoirs artificiels.

Une étude de la faisabilité de l’écotourisme dans la région désertique de Palmyre a été préparée en 2007 par le biais de BirdLife Moyen Orient puis un inventaire socio-économique  et culturel s’en est suivie  en Novembre 2008 réalisé auprès des communautés bédouines vivantes au niveau de l’aire de l’Ibis Chauve  selon les termes du projet UICN/DGCS.

Zones d’hivernage

En 2006, trois Ibis adultes ont été capturés, bagués et harnachés de satellites transmetteurs (PTT) permettant le suivi de leur route de migration  en quittant Palmyre vers la mi Juillet. Les oiseaux se sont dirigés vers le Sud après avoir passé  2 semaines à l’Ouest du Yémen puis ils ont trouvé leur voie vers la région centrale des hautes plaines d’Ethiopie.

Durant l’inventaire des zones d’hivernage lancé par la Société Ethiopienne Faune Sauvage et Histoire Naturelle et BirdLife/UICN en Novembre 2006, Octobre 2007, Novembre 2008 et Janvier 2009 seulement 4 couples adultes ont pu être retrouvés. L’aire d’hivernage peut être considérée comme étant assez réduite (environ 15 km²) en comparaison avec l’ensemble de son aire de nidification totalisant quelques centaines de km².

Regard sur la Voie de Migration!

Durant la journée, les Ibis se perchent sur des Eucalyptus qui entourent de nombreux foyers ruraux, ils se nourrissent sur les pâturages à proximité des communautés locales. Leur régime alimentaire est similaire avec celui observé en zone de nidification en Syrie.

Un inventaire socio-économique et culturel sur le mode de vie agropastoral et traditionnel des communautés locales vivantes dans les zones d’hivernages de l’Ibis Chauve a été mené en Novembre 2008 et Janvier 2009. A moyen terme, quelques menaces  ont été enregistrées en zones d’hivernages éthiopiennes, liées à la pauvreté des communautés locales et au risque de transformation des prairies en zones agricoles dans le future.

Les subadultes rejoignent la zone de nidification dans la région de Palmyre en 2007,2008 et 2009.N’ayant pas été retrouvés en zones d’hivernages éthiopiennes en mélange avec les adultes, ils devraient séjourner dans des zones différentes des adultes reproducteurs et il s’agirait probablement du même cas pour le voyage des juvéniles.

En fait, un juvénile d’une année a été photographié par un groupe d’observateurs d’oiseaux sur la côte Nord de Djibouti en Janvier 2008.Le même site a été passé en revu en Janvier 2009 en collaboration avec Djibouti Nature dans le cadre de l’initiative UICN/DGCS, mais aucun Ibis n’a pu être détecté.

Menaces

Les principales menaces de la dernière population sauvage connue et relictuelle d’Ibis Chauve dans son aire orientale ,à court terme sont les suivantes:

  • La prédation des poussins par les corbeaux
  • La perturbation humaine durant l’établissement du nid et durant  la période d’incubation
  • Le braconnage
  • Possible consanguinité au niveau de la zone de nidification de Palmyre
  • La chasse et autre menaces inconnues le long de la voie de migration, précisément en traversant la péninsule arabique
  • La pauvreté et la dégradation écologique des habitats alimentés par une exploitation non durable des ressources naturelles devrait être à moyen terme une menace à souligner que ce soit en zones de nidifications en Syrie ou en zones d’hivernages en Ethiopie.