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Compte rendu des priorités dans la conservation de l’Ibis Chauve Geronticus eremita

  1. Un aperçu du statut actuel des populations sauvages d’Ibis chauves déclarées gravement menacées d’extinction, montre clairement  l’importance du maintien de la population sauvage de Souss Massa (Sud Ouest du Maroc) qui reste sujette à de nombreuses menaces et pressions. Cette population continue d’augmenter  lentement et les chances de re-colonisation naturelle d’anciens sites de nidification au Maroc sont en accroissement. L’aspect non encore éclaircit  de la disparition d’une proportion significative d’Ibis après la période de reproduction indique le besoin du suivi satellitaire afin d’identifier ces zones inconnues.
  2. La population syrienne a décliné et elle est proche de l’extinction. C’est probablement la dernière colonie migratrice existante de la population orientale. Trois mesures prioritaires DOIVENT être dressées afin de  prévenir cette extinction:

    a.    Protection des zones de nidification et de gagnages en Syrie, incluant la protection des nids par la prédation en suivant les derniers protocoles actualisés.
    b.    Réaliser un apport d’Ibis juvéniles d’origines turques
    c.    Contrôler la chasse  dans les zones éloignées des aires de nidification incluant  des sites  en Arabie Saoudite, et tout au long de la route de migration. L’Arabie Saoudite étant actuellement un pays prioritaire dans la distribution de cette espèce.
                  i.    i. Un autre facteur revient aux accidents d’électrocutions, lorsque les oiseaux se perchent sur des pylônes non conformes.

  3. Chaque année, quelques oiseaux (juvéniles de même que des oiseaux plus âgés) de la Station d’élevage de Birecik (Turquie) disparaissent et ne seraient pas retrouvés morts mais ils pourraient être en migration vers le Sud. Les premières données des oiseaux suivis par satellites ont montré des résultats très prometteurs sur le potentiel de rétablissement d’une population turque entièrement sauvage qui deviendrait la grande priorité. Il n’y a uniquement que quelques juvéniles de Birecik qui ont été balisés, aussi un suivi des oiseaux en migration allant du Yémen, l’Arabie Saoudite jusqu’en Ethiopie devrait être entrepris afin d’avoir une idée, où vivraient ces oiseaux et quels seraient les sites et étapes de migration ayant une grande importance pour les Ibis Chauves orientaux.
  4.    L’importance de la colonie de Birecik est reconnue. Il y a encore un besoin d’améliorer les conditions standard d’élevage et d’hygiène des volières. L’objectif étant d’accroître la population à prés de 150 oiseaux reconnus en 2003, où il devrait être envisagé quelques tentatives d’utilisation de ces oiseaux à un lâcher à une large échelle. Les effectifs sont actuellement à la hausse avec 101 oiseaux, et trois actions prioritaires sont identifiées:

    a.    Améliorer davantage la productivité de la colonie de Birecik assurant d’héberger ensemble les couples reproducteurs durant la période hivernale
    b.    Evaluation, protection et expansion potentielle des aires de gagnages locales et des habitats
    c.    Favoriser  le lâcher d’autres  juvéniles balisés

  5. Un Plan d’Action international sur l’Espèce (PAE) pour l’Ibis Chauve a été élaboré  en Janvier 2004 avec quelques données actualisées proposées lors de la réunion de l’IAGNBI de 2006 et qui ont été approuvées en 2008.Il y a un besoin de réviser ce document de l’AEWA dans un format actualisé et qui pourrait incorporer les données issues des dernières réunions et du Plan d’Action National marocain sur l’Ibis chauve (PANIC).
  6. Définir clairement les anciennes aires de distribution de l’Ibis chauve qui seront destinées dans le futur, à des actions d’introduction ou de réintroduction. Il a été convenu lors des précédentes réunions que les conditions locales devraient être considérées précédant les sites historiques exactement recensés, dans la détermination appropriée de sites potentiels de lâcher. Au vu des récents progrès dans la disponibilité de la méthodologie de lâcher, nous sommes actuellement proche de concevoir une technique potentielle de lâcher. Ce qui va accroitre le besoin de réviser le lieu de n’importe quel site potentiel de  réintroduction et qui serait le plus approprié tout en tenant en considération les lignes directrices de l’UICN.  Le lâcher est encore perçu comme inapproprié pour le Souss-Massa et au Maroc en général où les populations sont suffisamment importantes et en accroissement lent.
  7. Il a été reconnu, qu’il existe deux populations distinctes et séparées, une population orientale et une autre occidentale ayant des aires de distribution respectives et qui devraient être prise en considération. Il y a un besoin urgent de clarifier le  statut génétique des populations Syrienne/Turque et Marocaine, (les certificats CITES ainsi que les autorisations légales devront être clarifiés afin de facilité la démarche à l’avance). Cette analyse génétique pourrait être étendue à la population vivant en captivité dans les zoos et qui pourrait ainsi éviter les problèmes potentiels de consanguinité.
  8. Les projets de recherche ont démontré que les techniques sont disponibles pour l’établissement d’une colonie sédentaire vivant en liberté. Pour une colonie migratrice, il y a pour le moment des perspectives prometteuses. Les leçons à tirer de protocoles complexes ont besoin d’être publiés et entièrement révisés dans le contexte d’une plus grande utilité.
  9. Il existe un besoin important de l’inventaire des sites anciens ou potentiels de populations occidentales (Maroc, Algérie) et orientales (Syrie, Yémen, Irak) mais plus particulièrement au Maroc où les populations continuent d’augmenter.
  10. La population d’Ibis chauves d’origine occidentale vivant en captivité est gérée par le biais de registres généalogiques, elle est en accroissement graduel. Il existe un effectif suffisant pouvant être mis à disposition pour d’éventuels programmes de lâcher ou de réintroduction, mais la coopération entre les centres détenteurs est encore essentielle dans le contrôle de la consanguinité et dans le maintien de la variabilité génétique et qui va de paire avec  la nécessité de la réalisation des analyses génétiques.
  11. La réintroduction peut être la principale occasion d’accroître l’aire de distribution des Ibis Chauves de manière significative.  Tout programme de réintroduction devrait avoir comme objectif la mise en place d’une population sauvage autonome. Il n’y a pas de situation d’urgence dans le domaine de la réintroduction mais il existe des besoins importants dans la prise de précautions dans le cas où  les aires de réintroduction seraient proches des colonies sauvages à distribution étendue.
  12. Il existe une mise à jour de protocole vétérinaire de pré lâcher qui devrait être strictement suivi avant toute opération expérimentale de lâcher.
  13. Il existe un besoin accru d de rehausser l’image de l’Ibis Chauve auprès des états de son  aire de distribution en vue de créer un plus large support de conservation de cette espèce.

  14. Ces priorités reflètent les principaux points élaborés par le Plan d’Action International de l’Espèce (télécharger à partir de ce site web) ainsi que  du processus d’actualisation en cours de mise à jour.